Appariements

Système suisse aux échecs et départages : comment sont faits les appariements

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Le système suisse aux échecs est une méthode d'appariement où, à chaque ronde, chaque joueur affronte un adversaire qui a le même nombre de points que lui, sans jamais rencontrer deux fois le même. Le nombre de rondes est fixé à l'avance, personne n'est éliminé, et les ex aequo sont départagés par des critères comme le Buchholz.

Le système suisse est le format de presque tous les opens : il permet de faire jouer des dizaines, voire des centaines de joueurs, sur un nombre limité de rondes, tout en dégageant un vainqueur. La FIDE en a fixé les règles dans son Handbook ; la version actuelle de son système d'appariement, dit système hollandais, s'applique depuis le 1er février 2026, et ses règles de départage depuis le 1er mars 2026.

Ronde suisse : expression courante pour désigner une ronde d'un tournoi au système suisse, ou le tournoi lui-même. Le mot vient de son origine : le système a été employé pour la première fois dans un tournoi d'échecs à Zurich, à la fin du XIXe siècle.

Les principes du système suisse aux échecs

Au premier tour, sans résultats, on classe les joueurs par classement Elo et on coupe la liste en deux : le premier de la moitié haute rencontre le premier de la moitié basse, le deuxième le deuxième, etc. Le même principe s'applique ensuite à l'intérieur de chaque groupe de score.

Combien de rondes faut-il ?

Pour qu'un seul joueur termine avec le score maximal, il faut environ autant de rondes que le logarithme en base 2 du nombre de joueurs : 3 rondes pour 8 joueurs, 4 pour 16, 7 pour 128. Les opens en jouent souvent davantage, car le but est aussi de classer correctement l'ensemble des participants : neuf rondes pour les grands festivals, onze pour le Grand Swiss FIDE ou le championnat d'Europe individuel.

Exemple chiffré : un open de 8 joueurs en 3 rondes

Huit joueurs, classés de A (le plus fort) à H. Pour simplifier, on ne tient pas compte ici des couleurs, qui modifient parfois les appariements réels.

Ronde 1 : moitié haute contre moitié basse
TableAppariementRésultat
1A – E1-0
2B – F1-0
3C – G1-0
4D – H0-1 (surprise)

Après la ronde 1, le groupe à 1 point réunit A, B, C et H ; le groupe à 0 point, D, E, F et G. Dans chaque groupe, on coupe à nouveau en deux.

Ronde 2 : appariements à l'intérieur des groupes de score
GroupeAppariementRésultat
1 pointA – C1-0
1 pointB – H½-½
0 pointD – F1-0
0 pointE – G½-½

Avant la ronde 3, A est seul en tête avec 2 points. Il « flotte » vers le groupe à 1,5 point (B et H) et rencontre B, qu'il n'a pas encore joué. H, resté seul, descend vers le groupe à 1 point et rencontre C (il a déjà joué D). D descend à son tour vers le groupe à 0,5 point et rencontre E ; il reste G contre F. Aucune paire ne s'est déjà rencontrée.

Ronde 3 et classement final
AppariementRésultatJoueurPointsBuchholz
A – B1-0A34
H – C1-0H2,54,5
D – E½-½B1,55,5
G – F1-0D1,53,5
G1,52
C, E1–
F0–

B, D et G terminent tous à 1,5 point. Le Buchholz les sépare : les adversaires de B (F, H et A) ont marqué 0 + 2,5 + 3 = 5,5 points ; ceux de D (H, F et E) 2,5 + 0 + 1 = 3,5 ; ceux de G (C, E et F) 1 + 1 + 0 = 2. B est donc classé troisième, D quatrième et G cinquième : B a affronté les joueurs les plus forts du tournoi.

Les départages expliqués

Les départages ne servent qu'à classer les joueurs à égalité de points. Le règlement du tournoi doit annoncer à l'avance lesquels sont utilisés et dans quel ordre ; à défaut, la FIDE prévoit que l'arbitre principal complète la liste. Les définitions suivantes sont celles des règles de départage de la FIDE en vigueur depuis le 1er mars 2026.

Les principaux départages et leur usage
DépartagePrincipeQuand on l'utilise
BuchholzSomme des scores finaux des adversairesSystème suisse
Buchholz Cut-1 (tronqué)Buchholz moins le score de l'adversaire le plus faibleSystème suisse, pour atténuer l'effet d'un adversaire forfait ou très faible
Sonneborn-BergerPour chaque partie, score final de l'adversaire multiplié par les points marqués contre luiToutes rondes surtout, parfois en suisse
Confrontation directeRésultat des parties entre les ex aequoTous formats, quand les ex aequo se sont rencontrés
Nombre de victoiresNombre de rondes gagnées (ou de parties gagnées sur l'échiquier, selon la variante)Tous formats
Moyenne Elo des adversairesMoyenne arrondie du classement des adversaires rencontrés sur l'échiquierSystème suisse
PerformanceMoyenne des adversaires plus une différence tirée du pourcentage de points, selon la table de la FIDESystème suisse
KoyaPoints marqués contre les joueurs ayant fait au moins 50 %Toutes rondes

Les variantes du Buchholz sont interdites dans un tournoi toutes rondes, où elles n'ont pas de sens puisque tout le monde a les mêmes adversaires. Pour les rondes non jouées (bye, forfait), la FIDE prévoit un mode de calcul particulier, avec un adversaire « virtuel », pour ne pas pénaliser ni avantager le joueur exempté. En France, les règlements d'open renvoient souvent pour ce calcul à la méthode programmée dans le logiciel Papi.

Sonneborn-Berger : un exemple

Reprenons B dans l'exemple ci-dessus. Il a battu F (0 point au final), fait nulle avec H (2,5 points) et perdu contre A. Son Sonneborn-Berger vaut 0 × 1 + 2,5 × ½ + 3 × 0 = 1,25. Ce départage récompense les points pris contre les joueurs qui ont bien fini le tournoi.

Système suisse ou toutes rondes ?

Dans un tournoi toutes rondes, chaque joueur rencontre tous les autres : c'est le format des tournois fermés d'élite, comme le groupe Masters du Tata Steel Chess (14 joueurs, 13 rondes). L'ordre des rencontres suit des tables publiées par la FIDE, les tables de Berger. Ce format est plus juste, puisque tout le monde a le même programme, mais il exige autant de rondes que de joueurs moins un : impossible avec 200 participants. Le système suisse est le compromis qui rend les grands opens possibles.

Les logiciels d'appariement

Plus personne n'apparie un open à la main. En France, l'arbitre utilise généralement Papi, le logiciel de la FFE, qui produit aussi le fichier de résultats envoyé pour l'homologation. Swiss-Manager, approuvé par la FIDE, est très répandu en Europe ; il publie les appariements et les classements sur le site chess-results, où les joueurs suivent leurs tournois en direct. La Direction nationale de l'arbitrage de la FFE recense aussi d'autres outils, comme Sharly Chess ou ChessEvent. Le choix du logiciel et la mise en place d'un tournoi sont détaillés dans la page organiser un tournoi d'échecs.

Les appariements suisses supposent aussi un règlement précis sur la cadence, annoncée à l'avance (voir les cadences aux échecs), et un arbitre pour trancher les cas particuliers, comme les forfaits ou les byes demandés en retard (voir l'arbitre et les règles de tournoi). Pour jouer un open en système suisse près de chez soi, l'annuaire du Palais des Échecs recense les clubs qui organisent des opens en système suisse dans toute la France.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une ronde suisse ?

C'est une ronde d'un tournoi au système suisse : chaque joueur y affronte un adversaire ayant le même nombre de points que lui, qu'il n'a pas encore rencontré. Par extension, l'expression désigne le tournoi entier joué selon ce système.

Comment se calcule le Buchholz ?

On additionne les scores finaux de tous les adversaires rencontrés. Par exemple, un joueur qui a affronté des adversaires ayant fini avec 3, 2,5 et 0 points a un Buchholz de 5,5. Plus le Buchholz est élevé, plus le parcours a été difficile. Le Buchholz Cut-1 retire le score de l'adversaire le plus faible.

Peut-on jouer deux fois le même adversaire dans un tournoi suisse ?

Non. Dans le système d'appariement de la FIDE, c'est un critère absolu : deux joueurs ne se rencontrent jamais plus d'une fois dans le même tournoi.

Que se passe-t-il si le nombre de joueurs est impair ?

Le joueur resté sans adversaire reçoit un bye. Selon les règles de base de la FIDE, il marque autant de points qu'une victoire, sauf si le règlement du tournoi en dispose autrement. Selon ces mêmes règles, un joueur ne peut recevoir qu'un seul bye d'appariement dans le tournoi.